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Concours Créativité
  • Voir la patate en peinture...

La récolte de pommes de terre,
Lucien Simon, 1907

Lucien Simon (1861-1945) a fait connaissance avec la Bretagne en 1890 à la faveur de vacances passées à Bénodet dans sa belle famille. Comme beaucoup d'autres artistes en cette fin de XIXè, il fut séduit par le "pittoresque" du Finistère et de ses habitants. Il s'installa finalement à Sainte-Marine, dans un sémaphore, en 1902. Il en peindra inlassablement les habitants pendant plus de trente ans. Paysagiste réaliste, on parle de lui comme "Le peintre du pays Bigouden". Il est aussi du mouvement de la "bande noire" rassemblant ces artistes qui donnaient une image rude de la Bretagne.


Musée des Beaux-arts de Quimper.
C Adagp, Paris 2005

Cette oeuvre représente une scène importante de la vie quotidienne en Bretagne au XIXè siècle où la pomme de terre était l'un des aliments de base, et fit la prospérité du pays Bigouden. On y voit à la fois l'arrachage, l'emballage et le transport des précieux tubercules, pratiqués près de la chapelle Notre- Dame de la Joie à la pointe de Penmac'h.

Le bonheur retrouvé à Belle-île,
Claude Picard, 1993

Peintre contemporain (né en 1932) résidant à Saint-Basile dans le Nouveau-Brunswick au Québec, Claude Picard est le créateur de nombreuses toiles sur l'histoire des Acadiens. Ces colons français installés en Amérique du Nord en 1632 fondèrent l'Acadie à l'est du Canada actuel. Ils en furent chassés par les britanniques en 1755. Contraints à l'exil, ils rejoignirent pour la plupart les colonies anglaises en Amérique, où ils subirent des persécutions.

Certains revinrent en Angleterre et en France. Le roi Louis XV leur proposa d'aller cultiver les terres de Guyanne, des Antilles, ou de Saint-Pierre et Miquelon… 78 familles furent aussi accueillies à Belle-Île-en-Mer en Bretagne. Le roi leur attribua des terres, du bétail et des outils pour démarrer une nouvelle vie. Le bonheur retrouvé à Belle-Île rappelle l'épilogue heureux de ces rescapés d'une déportation qui fût fatale pour beaucoup.



Collections du musée de la citadelle Vauban,
Belle-île-en-Mer. Photo B.Barbier

L'Angélus, Jean-François Millet, 1859


Jean-François Millet (1814-1875), fut l'un des maîtres de l'école de Barbizon (près de Fontainebleau). Amoureux de la campagne et des paysans, il signe ici l'un de ses chefs d'oeuvre. Un tableau parmi les plus célèbres qui eut une histoire mouvementée : il fit l'objet de multiples transactions, voyagea d'un continent à l'autre, traversa mille péripéties avant de s'installer au Musée d'Orsay...


Musée d'Orsay, Paris.
Photo RMN-H.Lewandowski

Nous sommes dans les plaines de Brie en fin d'après-midi. Le soleil décline sur le champ de pommes de terre. Un jeune couple de paysan occupé à récolter s'arrête à l'heure de l'Angélus (qui tinte au clocher de l'église) pour se recueillir un instant et adresser au Créateur leur prière… Comme dans de nombreuses autres toiles, Millet chante dans L'Angélus (qui se serait appelé à l'origine Prière pour la récolte de pommes de terre) les louanges du travail de la terre qui comptait tellement à ses yeux.

Les éplucheuses de pommes de terre,
Paul-Elie Ranson, 1893


Paul-Élie Ranson (1861-1909) étaient l'une des figures de proue du mouvement des Nabis, fondé en réaction contre l'impressionnisme. La peinture de Ranson se distingue par son caractère extrêmement décoratif. On y retrouve quasi immanquablement : une bordure végétale, des formes stylisées, des teintes vives posées en aplats nettement cernés… Le peintre se tourna d'ailleurs, à l'instar de ses confrères nabis, vers les arts décoratifs : décors et costumes de théâtre, tapisseries, papiers peints, vitraux…

Les éplucheuses de pommes de terre représente deux servantes dans une cuisine, occupées à la préparation du repas. Une scène domestique comme celles qu'affectionnaient les peintres du XIXè. Le caractère plutôt banal du sujet est ici transcendé par l'originalité de la composition. Les silhouettes de femmes, habillées de la même robe moulante au décor de fleurs, sont plantureuses bien que peintes sans perspective. Le trait qui les cerne donne toute la force à l'image. Autour de la toile, la frise végétale évoque des épluchures de pommes de terre.

Musée départemental Maurice Denis, Le prieuré, Saint-Germain-en-Laye


Saison d'octobre : la récolte de pommes de terre, Jules Bastien Lepage, 1878

Malgré sa mort prématurée à l'âge de 36 ans, Jules Bastien-Lepage (1848-1884) a marqué la peinture naturaliste. En quelque dix années d'activité seulement, il a conquis une place éminente sur la scène artistique française et internationale, influençant la création picturale en Europe, aux Etats-Unis et jusqu'en Australie où plusieurs de ses oeuvres - dont le tableau "Saison d'octobre"- ont été très tôt acquises.

Cette toile fut l'un des chefs d'oeuvre du Salon de 1879 - faisant pendant avec "Les Foins"- et fut admirée par Zola qui voyait en son auteur "le petits fils de Courbet et de Millet".

Juin 2007

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