Le tubercule de pomme de terre se plaît
en Finistère.
Des tests effectués auprès de jardiniers amateurs montrent néanmoins qu'à
variété et conditions de culture égales les rendements diffèrent fortement :
de 180 grammes à 2 kg par pied !
Une productivité élevée n'étant cependant pas nécessairement gage de qualité. Examinons les techniques et astuces qui permettent d'obtenir un optimum qualitatif et quantitatif.
La culture de la pomme de terre a ceci de bon : après sa récolte on peut tout y installer ou à peu près. Le sol aura été tellement remué - bêchage, sarclage, buttage puis arrachage - que n'importe quelle plante s'y développera ensuite sans difficulté.
Avant de passer à l'opération de plantation, il est opportun de procéder aux amendements. Ces fameux amendements offrent la possibilité de corriger les défauts d'un sol ou de renforcer ses qualités. Des apports de sable allègent une terre argileuse, augmentent sa perméabilité, accélèrent son réchauffement au printemps... et diminuent son acidité.
PAS TROP D'AZOTE
De même, l'incorporation d'une fumure "maison" constituée de compost, de
fumier bien décomposé ou d'algues feront merveille. Les algues en
particulier, grâce à leur apport en oligo-éléments, dont l'essentiel
magnésium, sont sans conteste un apport à ne pas négliger pour tous les
jardiniers de la bordure littorale. Si décidément le sol est particulièrement
pauvre, une fertilisation complémentaire peut être apportée, proche de
l'équilibre suivant : azote 4% ; phosphore 3% et potasse 9%. L' excès d'azote
est triplement néfaste : il fragilise le plant, le rendant sensible aux
maladies ; favorise le développement de la partie aérienne au détriment des
tubercules... et se retrouve en bout de course, car lessivable, dans l'eau de
nos robinets.
Le sol ayant été correctement amendé, les opérations de plantation peuvent
démarrer. La date de plantation a son importance, les jardiniers prenant eux
aussi des vacances en été. L'expérience montre que les dates de mise en terre
sont calées sur les dates des vacances d'été : soit on récolte avant de
partir (globalement mi-juillet), soit après (septembre). Dès lors le choix de
la variété revêt une importance cruciale. Les variétés hâtives sont arrachées
60 à 80 jours après plantation ; les variétés ordinaires ne le sont que 90 à
120 jours plus tard... à vos calculettes !
Toutes les catégories de jardiniers sont dans la nature. Certains se font un
sport, dans la corporation, de récolter le plus tôt possible. On en voit donc
qui plantent sous abris, dès la Toussaint, afin de récolter avant la fin de
l'hiver. Le jardinier qui ne vise pas la précocité procède à la mise en terre
dès que la température du sol atteint 8°C. Globalement cette opération se
réalise courant mars. La pose d'un voile "non tissé" à même le sol permet de
planter avec un mois d'avance. Le sol est ameubli sur une petite trentaine de
centimètres de profondeur (labour, croc ou grelinette), pas trop finement.
Les tubercules - d'un diamètre moyen de 3 centimètres - seront disposés à 10
centimètres de profondeur, tous les 30 centimètres. Entre les rangs on
laissera un espace de 60 centimètres.
Deux variantes existent quant aux modalités d'exécution : le jardinier paresseux se contente de creuser un trou réalisé au plantoir à bulbe dans lequel, germes positionnés vers le haut, il dépose son plant ; le jardinier courageux creuse un sillon.
ATTENTION LUNE ROUSSE
En deux à trois semaines les premières tiges sortent de terre. Si une gelée
tardive (la fameuse lune rousse) s'annonce, un buttage vient éviter la perte
des tiges encore tendres. Un mois après la levée on procède au buttage. Les
tiges ont une hauteur d'à peu près 20 centimètres. Une houe bien maniée
ramène autour de chaque pied la terre située à l'interligne. Cette opération
permet aux tubercules de ne pas se trouver exposés à la lumière, de plus les
stolons peuvent, dès lors, se développer en un réseau dense. Autant de
tubercules en plus !
Ceci fait, le jardinier peut-il enfin se laisser aller à la contemplation de son oeuvre ? Hélas, non ! Mildiou et insectes divers guettent la feuille appétissante. Un traitement préventif à la bouillie bordelaise ou à l'oxychlorure de cuivre convient généralement à juguler la première atteinte. En cas de pluie abondante il faut agir tous les 10 jours. Si la pluviométrie est normale on se contentera de traiter toutes les deux à trois semaines. L'utilisation de roténone permet de se préserver raisonnablement des seconds, doryphores en particulier.
Dès les premiers signes d'essoufflement du feuillage - jaunissement, flétrissement - on coupe les fanes à la faucille ou à la cisaille à haie. Les tubercules finissent leur maturation (2 à 4 semaines) en terre, élevant leur taux de matière sèche, ce qui assure une meilleure conservation.
Faites-vous plaisir avec les
primeurs.
Les jardiniers sont souvent aussi des cuisiniers. Pour déguster leur
récolte ils n'attendent pas la maturité des tubercules. Avant les premiers
signes de flétrissement du feuillage, ils creusent la butte et récolte des
tubercules de taille raisonnable. Sitôt récoltées, sitôt cuisinées, sans les
peler les pommes de terre primeur sont passées à la poêle avec du beurre, il
ne reste plus qu'à déguster.
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