| Il crée des variétés de pommes de terre depuis 24 ans à la
station de recherche de Germicopa, à Châteauneuf-du-Faou. |
"Petit à petit, le nombre de candidats diminue jusqu'à la
phase
de sélection finale : on en retient alors qu'une voire deux".
François Hémery.
François Hémery a rejoint la station de recherche de Châteauneuf-du-Faou
(Finistère) en 1980. "Et depuis, je n'ai participé qu'à deux cycles complets
de création de variété de pomme de terre. Il s'écoule en effet neuf à dix ans
entre l'hybridation et la sélection finale", explique cet ingénieur diplômé
de l'Institut supérieur agricole de Beauvais.
Ce long travail de sélection est réalisé par une équipe de huit personnes
dirigée par Eric Bonnel, directeur de la recherche de Germicopa. Les
programmes d'hybridation qui constituent la première étape de création, sont
réalisés par François Hémery et Gisèle Joly. "Jusqu'au milieu des années
1980, nous ne travaillions que sur les pommes de terre de consommation.
Désormais, nous mettons aussi au point des tubercules qui finiront sous forme
de frites, de fécule ou encore de chips", précise le sélectionneur.
| BATTERIE DE TESTS La seconde année, les graines issues de ces croisements sont semées dans des serres. La première récolte de tubercules intervient l'année suivante. Débutent alors six à sept années de sélection en plein champ à Châteauneuf-du-Faou (14 hectares) et sur 30 sites répartis en France, au Portugal, en Italie, en Espagne, en Allemagne, à Chypre, au Maghreb… Chaque année, François Hémery caractérise minutieusement les plants en plein champ et les tubercules récoltés. "Par exemple, nous collectons des informations sur la forme de la pomme de terre, sa régularité, son calibre, sa couleur… Il y a une bonne vingtaine de caractères", indique ce Châteauneuvien. Des tests culinaires, gustatifs, de rendement… sont aussi menés. "Et bien entendu, la résistance aux maladies est évaluée. C'est le travail de la phytopathologiste Catherine Chatot." |
Chaque année, les sélectionneurs éliminent les plants qui ne correspondent
pas aux caractères recherchés. "Petit à petit, le nombre de candidats diminue
jusqu'à la phase de sélection finale : on n'en retient alors qu'une voire
deux, indique François Hémery, 56 ans. C'est le moment le plus intéressant
car nos efforts sont récompensés." Les scientifiques confient ensuite aux
commerciaux les nouvelles-nées. Plusieurs années seront encore nécessaires
pour que ces variétés décrochent des parts de marché en France ou à
l'étranger. "Lorsque je suis arrivé à la station, la grande variété était
Claustar. Elle a été remplacée très progressivement par Charlotte", se
rappelle François Hémery. Puis, Samba (1989), Atlas (1990), Amandine (1994),
Juliette et Chérie (1997)… ont été lancées.
Depuis son arrivée à Châteauneuf-du-Faou, François Hémery estime qu'une
quarantaine de variétés ont été mises au point. "A chaque nouveau programme
de sélection, nous remettons nos méthodes en question : nous essayons
d'améliorer nos protocoles, nos techniques…, indique-t-il. Par ailleurs,
notre matériel s'est modernisé."
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