et	patati et	patata
Concours Créativité
  • La recherche : les mariages arrangés de l'INRA

La station de Ploudaniel (29) de l'Institut National
de Recherche Agronomique conserve des milliers de variétés de pommes de terre.

Le sous-sol de la station INRA de Ploudaniel renferme plusieurs milliers de tubes à essais contenant des plants de pommes de terre. Chacun d'entre eux est étiqueté, codé. "Notre collection - qu'elle soit conservée sous forme in vitro, en graine, au champs... - comprend 27 espèces apparentées*, 1 000 variétés de pommes de terre cultivées sur le globe et près de 4 000 variétés que nous avons créées ou sur lesquelles nous travaillons", détaille Daniel Ellisseche, directeur de la station nord finistérienne. Collecter les variétés de pommes de terre, les cultiver et les caractériser est l'une des principales missions de cette unité de l'INRA. "Notre autre mission consiste à créer des variétés qui soient résistantes aux parasites",
complète Daniel Ellisseche.

Daniel  Ellisseche dirige la station de l'INRA de Ploudaniel qui comprend 26 permanents et dépend du Centre de recherche agronomique de Rennes. La région comprend au total 11 implantations de l'INRA.

La station de Ploudaniel
cherche à créer des
variétés résistantes
aux quatre parasites
principaux de la pomme
de terre : le mildiou,
le virus Y, le nématode
à gale.
 Les maladies sur lesquelles travaillent la sta-
 tion sont principalement le mildiou, le virus Y,
 le nématode à kyste et le nématode à gale.
 Les chercheurs et techniciens essaient de
 repérer dans leur collection les variétés et
 espèces apparentées qui possèdent une
 résistance à l'un ou l'autre de ces parasites.
 Ils procèdent ensuite à des croisements entre
 deux variétés.  Près de 300 "mariages arran-
gés" sont ainsi réalisés chaque année.
Les graines puis les tubercules issues de ces croisements sont cultivés dans les parcelles de la station de Ploudaniel (29) qui s'étend au total sur 63 hectares. Après de multiples tests, les chercheurs conservent les "variétés résistantes" et éliminent les "variétés sensibles". Ils s'intéressent aussi aux autres caractéristiques des variétés : forme, potentialité de rendement, teneur en sucre...

Au bout de cinq ou six ans, ces variétés appelées communément "géniteurs" ou "parents" sont mises à la disposition des quatre créateurs français : Germicopa, Bretagne Plants, Comité Nord, Groupement du Centre et du Sud. Ces derniers ont en effet signé en 1969 une convention qui leur permet d'exploiter les variétés de l'INRA pour leurs propres recherches.

"La convention encourage aussi les échanges scientifiques entre nous, observe Daniel Ellisseche. Par exemple, nous les mettons au courant des résultats de nos programmes, nous les informons sur les nouvelles techniques et les nouveaux outils ..." L'Institut de recherche agronomique propose aussi aux quatre créateurs de participer aux appels d'offres lancés par le ministère de l'Agriculture. De leur côté, ils informent l'INRA des attentes des consommateurs, de l'état du marché...

*Il existe près de 200 espèces apparentées à la pomme de terre, c'est-à-dire qui produisent des tubercules.

Contact :
Daniel ELLISECHE
INRA - Tél.: 02.29.62.63.10
ellissec@lerheu.rennes.inra.fr

Réf.: Magazine etpatati etpatata n°1 - Déc 2003

Précedent